Où écrire à Tokyo

Où écrire à Tokyo

> Cet article est progressivement amendé et édité avec de nouvelles destinations et considérations.


Dernière mise à jour: 7 octobre 2021

Des lieux ancrés pour y écrire

Si la question d’écrire à destination vous importe, et la qualité des lieux appropriés vous inspire, voici quelques suggestions pour Tokyo. Des cafés mais pas que, essentiellement hors des chaînes locales ou globalisées, des espaces de coworking stériles, des narrations des influenceuses et influenceurs, des préceptes impérieux de l’industrie du tourisme et des comptoirs à espresso copier-coller au confort infra-précaire (avec quelques exceptions) et au staff aphone, un défaut majeur de l’hospitalité japonaise qui trop souvent ne dit mots. 

Les suggestions qui suivent ne sont pas basées sur la qualité des boissons, mais bien sur la qualité sensible des lieux comme inducteurs potentiels de l’écriture. Tout choix singulier est personnel. Ici, le breuvage y est secondaire; il ne s’agit pas d’un guide de cafés et les lieux ne se limitent pas à des cafés. Qu’importe le grain si celui des lieux vous inspirent et vous rend la ville plus tactile et lisible, selon vos narrations propres et singulières. 

L’expérience sensible de la ville

Exit la ville frénétique, fébrile, chaotique et tous ces qualificatifs impensés sur Tokyo qui ont le cuir dur des poncifs ressassés et des perspectives droniques, comme justement la ville n’est pas vécue. La mission est pourtant simple. Il s’agit d’y être, et si vous êtes primo-visiteur, il s’agit d’être au plus vite dans le jus et d’éviter les fariboles. Une sociologue spécialiste de la ville avait écrit s’être réfugiée dans un Starbucks familierune fois à Tokyo. Son ouvrage était tombé dans ma corbeille en conséquence. Il y a mieux à faire et où se lover en ville pour aiguiser le sens d’y être, d’autant plus que vous écrivez, ou vous rêvez d’écrire à Tokyo. Et c’est pour cela que vous n’avez pas encore décroché de la lecture de ce texte. Merci.

Les lieux cités sont souvent situés hors des quartiers médiatisés, financiarisés et homogénifiés, ou parfois avec panache dans leurs échancrures. Alternativement à l’écriture, vous pouvez y pratiquer le tricot, le crochet, la lecture, la rêverie ou l’observation, avec ou sans wifi. Rien dans mon expérience n’est plus satisfaisant, rien ne procure autant la sensation d’y être que de s’assoir quelques heures dans un café dans une ville ailleurs, un lieu ancré qui inspire, un lieu situé, rétro ou contemporain, d’où émane le sens du local, pour s’y fondre si pas y disparaître, observer ou rêvasser, et y écrire.

Les cafés et autres lieux ancrés sont aussi un prétexte pour visiter des territoires et micro-districts hors des sentiers catalogués et des discours marketing imbus d’aplomb pour vous amener dans les nasses du tourisme globalisé. Il s’agit de se nidifier dans la ville, accélerer l’acquisition de cette sensation d’y être, même si de passage, même pour le temps d’un café et de deux lignes sur le clavier ou le carnet, prétendre en faire partie comme un vieux routier (r.e. New York, New York, Liza Minelli: I wanna be a part of it!), même si de façon éphémère, y faire son Zelig, jouer à faire partie des meubles. 

L’attachement aux lieux est une illusion mais avec des angles pratiques s’ouvre la possibilité nécessaire de battre en brèche, au moins pour soi, la perspective dictatoriale vue d’un drone d’une cité soi-disant tentaculaire avec ses millions de personnes qu’à niveau d’homme on ne rencontre pas, sinon que par petits échantillons dans les rues et les quartiers figés dans des définitions rigides de stratégies uniquement consuméristes, quartiers qui sont comme partout ailleurs à densité variable selon les heures, les jours, les nuits et les circonstances. La densité humaine peut aussi être un plaisir à bien négocier, un vecteur d’aiguisement de la sensibilité, mais les destinations suggérées ici sont souvent des havres de paix, à l’intérieur, en bordure ou en dehors de la ruche qui est un pluriel. Guattari l’avait noté mais à Tokyo aussi, les chemins d’exfiltration quand les avenues souvent évitables vous pèsent sont nombreux. Dans tous les cas, il s’agit tout simplement d’y cultiver ses narrations singulières, ce qui commence par tenter de se défaire des narrations qui ne sont pas siennes mais qui collent aux neurones, celle des guides, des LonelyPlanet, des marketeurs et metteurs en flux et concentrations programmés, au risque heureux et bénéfique d’acquérir un peu de lucidité. 

Tokyo est mon village, maîtrisable, favorable à l’écriture et sa nécessaire solitude, à moduler tout de même, avec quelques efforts de sélection. Quand vous visitez avec votre travail d’écriture en cours, votre projet d’écrit à venir, votre tricot qui n’avance pas, faites-en vous aussi votre village. Dans le dictat de la mobilité permanente et de l’exposition hédoniste fébrile, la résistance débute par se poser, s’ancrer dans les lieux, même si de passage, et se dire sourire en coin qu’on a bien fait de venir. C’est une psychogéographie qui ne renie pas le mode statique pour aussi fonctionner. Je vous offre ici de bonnes tranches de Tokyo avec des clés.

Des lieux massivement diurnes

Ce n’est pas un choix mais les cafés cités ferment souvent tôt, à l’orée de la soirée, le covid parfois aidant. L’écriture du soir, nocturne dans la ville de Tokyo, dans des lieux adéquates reste à inventer.

Note importante: Le Covid, le temps qui passe, les jours et heures de fermeture, la vie impactent les destinations, les contenus des services, le niveau de la bande son, jusqu’à l’existence même des lieux mentionnés, sans parler de la perception et de la sensibilité de chacun qui sont affaires personnelles. Mieux vaut se renseigner avant de visiter. Cliquez sur les noms des lieux pour les localiser sur Google Maps. 

L’écriture est une activité solitaire et les cafés ne sont que très rarement des lieux de convivialité, à Tokyo comme dans tant d’autres destinations globalisées et largement muettes. En faire aussi des lieux de rendez-vous est une manière d’aménager la solitude du scribe. Ecrirea.tokyo est une dynamique de dialogue autour de l’écriture avec Tokyo comme fond d’écran et de considérations. Visitez le site pour en savoir plus. 

Les incontournables


Quartier Waseda

Uni Shop & Café 125

Juste aux abords du campus de l’université Waseda dans un coin calme et luxuriant de verdure à l’abri de l’urbain bruyant. Si la qualité de la nourriture et du café était à la hauteur, ce serait un des endroits les plus chics de Tokyo. On peut déjeuner ailleurs dans le quartier et revenir pour le café qui est particulièrement mauvais. Bande son jazz de qualité en boucle, wifi approximatif gratuit offert par l’arrondissement et un service célébrement dénué de sympathie. Mais la terrasse en saison, y compris en hiver, est la raison fondamentale d’y venir et tomber sous le charme. On pardonne tout grâce à une terrasse addictive, la plus belle de Tokyo. Venir par exemple tôt dès 8h30 par beau temps pour être subjugué de bien-être. Ou rester tard jusqu’à la fermeture un autre jour de beau temps pour goûter le calme absolu du quartier à 19h30. Et s’il ne fait pas beau, l’intérieur assure.

Voir à proximité: le superbe quartier autour du Chinzanso (Four Seasons Hotel), l’avenue Sodai en direction de Kagurazaka - une merveille heureusement ignorée. 

S’exfiltrer: prendre le tramway de la ligne Toden-Arakawa qui débute à Waseda, ou le bus rapide et fréquent très pratique vers Takadanoba, hub vers toutes les destinations du monde.

Quartier Kappabashi- Asakusa

Sensing Touch of Earth

Sur la rue des vaisseliers à Kappabashi. Excellent espresso avec du punch. Superbe meuble ampli enceinte avec du jazz pas impérieux au milieu de l’espace central. Une beauté dans un quartier immédiat particulièrement dénué de cafés sauf des établissements qui surjouent le vintage en mode figé pour ce tourisme de la nostalgie d’une époque non-vécue le week-end, dont certains vous interdisent l’usage d’un ordinateur (mais pas du mobile...). Sièges au fond de la salle inconfortables comme il se doit dans un café tendance. Les sièges banquettes sont la cible de choix. Service sympathique. Le sandwich aux légumes quand il était offert est très bon. A éviter le week-end donc parce que plein comme presque partout ailleurs, ou alors venir dès l’ouverture à 11 h.

Voir à proximité: Kappabashi et Asakusa bien sûr.

S’exfiltrer: vers le nord, direction Minowa ou Kita-Senju, ou cap à l’ouest vers Ueno et plus loin.

Quartier Okubo-Shin-Okubo

Vivo Daily Stand - Shin-Okubo

D’abord pour la terrasse, celle sur la photo, fumoir - non-fumeur à l’intérieur - mais en l’absence des fumeurs et en bonnes saisons, c’est un coin de paradis au calme à deux pas du quartier coréen bondé. Petit déjeuner proposé très tôt. Un bonheur en saisons clémentes. Devient un bar sympathique le soir hors couvre-feu.

Voir à proximité: le quartier coréen contournable, le micro-quartier islamique incontournable à Shin-Okubo, Shinjuku. 

S’exfiltrer: vers Takadanobaba à pieds, vers Ikebukuro via la Yamanoté.

Quartier Oji

Café Tokyo Guesthouse Oji

Lumineux, baie vitrée, charmant au couchant, des sièges confortables, un coin de village caché à Takinogawa, juste au-dessus d’Oji. On peut négocier la musique et changer de registre, et quand le staff oublie de relancer le juke-box, le calme qui s’installe est alors divin. Un port d’attache, donc attachant.

Voir à proximité: le petit parc juste en face, l’éclectique quartier Oji par la langoureuse avenue au trafic auto lourd, en courbe descendante, preuve de l’érotisme de la topographie des rues.

S’eclipser: via le tramway de la ligne Toden-Arakawa, ou à pieds le long de la rivière Shakujii.

Quartier Ikebukuro

Dream Coffee

Un superbe lieu, ancré, ultra-urbain, pur jus avec du vécu situé dans la zone ouest de la station, hors d’atteinte du hideux Sunshine City. Vieux, autrefois insalubre jusqu’à l’interdiction pas totale d’y fumer - noter la patine aux goudrons - des sièges trop bas - viser les trois meilleurs qui font face à la fenêtre en dessous du drapeau du Brésil. Un café brut de brut parmi les moins chers de la ville, et aussi un toast beurré margarine à 180 yens qui mérite le respect. Tout à Dream est fatigué mais fonctionne, l’antithèse du café hipster ce qui en fait un lieu particulièrement attachant dans une poche d’un territoire à l’urbanité parisienne, ou peut-être berlinoise, sensible et seyant dans cette partie ouest du vaste et eclectique quartier Ikebukuro et ses multiples visages. Pas le confort supérieur pour l’écriture donc - pas de wifi - mais le mélange des ingrédients, l’atmosphère y sont très conducteurs. Dream est torréfacteur et vend du café sans le discours des tastevins avec l’oeil soucieux sur l’iPad posé sur le comptoir en bois sur fond béton. Le discours vendeur y est très singulier et chaleureux. Les moulins à cafés sont du dernier cri, d’il y a cinquante ans. Les fiches d’information des produits en écriture manuscripte sont un défit à votre capacité de lire le japonais. Dream est un café unique, un personnage en ville, un port d’attache. Modiano y était. La C3 est la sortie la plus proche mais selon l’angle d’abordage, il vaut mieux considérer une approche en surface plus intéressante.

Voir à proximité: le square Nishi-Ikebukuro, ses oeuvres d’art, son air de je-ne-sais-quoi d’européen, le très beau campus de l’université Rikkyo, le réfectoire numéro 1 où il faut absolument y déjeuner quand ce sera possible de nouveau, le centre culturel Jiyugakuen Myonichikan pour y prendre un autre café au calme et le quartier endormi attenant pour s’y promener et rejoindre par exemple Takadanobaba.

S’exfiltrer: vers Minami-Ikebukuro, le Myonichikan, ou le quartier Kishimojin et encore le tram de la ligne Toden-Arakawa pour partir ailleurs.

D’autres cafés et lieux


Quartier Kuramaé

Nui.

Hors covid, le café-bar de la guesthouse Nui. à Kuramaé a cet avantage stratégique des cafés de guesthouses d’être ouvert tous les jours de l’année. Certains donnent accès dès l’heure du petit-déjeuner aux visiteurs qui n’y résident pas. Kuramaé pris en sandwich entre Asakusabashi au sud et Asakusa au nord est un quartier globalement atone, sauf la promenade le long de la Sumida envoûtante selon l’heure et les saisons. A l’origine, petit déjeuner - impacté par le Covid - lumineux grâce à la baie vitrée qui était un élément décoratif encore rare à Tokyo cloné depuis. Excellent wifi et en journée musique hipster mais à un niveau décibélique acceptable pour la lecture et l’écriture. Sièges médiocres ou pire comme il se doit dans ce type d’endroit, exceptés ceux de la table sur l’estrade qui est le meilleur emplacement pour écrire. Cet ancien hangar de grossiste de jouets - mais les gérants n’ont jamais exploité le filon narratif - offre un espace sympathique où l’on est à l’aise immédiatement. Bémol: le remplacement successif du staff au cours des années a grandement diminué l’intensité de l’attachement d’origine au lieu, un facteur de convivialité au sujet duquel les gestionnaires n’ont très probablement aucune sensibilité et compréhension. Nui. reste sympathique à l’occasion d’un passage un jour. 

Voir à proximité: le fleuve Sumida, Asakusa, Asakusabashi.

S’exfiltrer (ou y arriver): via la promenade du quai du fleuve à partir d’Asakusabashi ou Asakusa. 

Quartier Asakusabashi- Higashi-Nihonbashi

Bridge Coffee & Icecream

Au sud de la station Asakusabashi. Une ancienne bijouterie avec une belle baie vitrée dans un immeuble centenaire, une rareté donc. Pour la lumière, pas les décibels qui peuvent se situer au-dessus de la dose recommandée. Mais si vous écrivez un roman urbain, ce peut être une source d’inspiration avec le tempo bruyant des avenues qui se croisent juste devant.

Voir à proximité: Asakusabashi, le quartier Higashi-Nihonbashi.

S’exfiltrer: vers Asakusa.

Quartier Higashi-Nihonbashi

Berth Coffee

A Higashi-Nihonbashi, le café-bar pur hipster de la guesthouse Citan (pourquoi avoir donné un nom distinct au café et compliqué les choses?). Crée par la même entreprise que Nui. Parfois tonitruant au niveau fond sonore en journée mais la lumière en sous-sol est belle.

Voir à proximité: Asakusabashi au nord, Ningyocho au sud.

Café Grace

Un café classique passéiste avec une certaine touche européenne dans une rue de belle ampleur. Un café qui sied au matin tôt dès 8 h. Ambiance calme.

Quartier Suidobashi

DIXANS

Nourritures et pâtisseries bien trop coûteuses mais le reste fonctionne pour l’objectif de lire ou écrire. Le propriétaire est aphone mais certains membres du staff compensent ce défaut. Bon café. La présence de nombreuses étudiantes selon les heures vues les universités alentours peut être troublante, ou source d’inspiration. C’est selon. Stendhal y était.

Voir à proximité: le quartier Jimbocho, la colline Surugadai (Ochanomizu).

S’exfiltrer: vers le beau campus de l’université de Tokyo, le traverser puis aller vers Nezu-Yanaka ou Ueno. 

Quartier Asakusa

Bunka Hostel Tokyo

En plein Asakusa mais exempt des foules qui ne le fréquentent pas. Seul bémol, les sièges encore une fois. Vaste baie vitrée lumineuse pour voir le théâtre du quartier passer devant soi. Source d’inspiration. Staff sympathique. Bande son devenue difficilement compatible avec l’écriture ces temps-ci.

Voir à proximité: Asakusa, Asakusa, Asakusa.

S’exfiltrer: vers Kappabashi à pieds, au nord par bus vers Minowa.

Café Tomorrow Asakusa

Café pur Showa donc vintage en plein Asakusa, ouvert dès 6h30 du matin, donc bon plan petit déjeuner et Asakusa pour - presque - soi seul ensuite. Enfin non fumeur. Service sympathique, wifi et une gamme de petits services bien ancrés dans le siècle présent. Sièges trop bas d’époque antérieure. Récemment, le fond musical sirupeux est devenu incompatible avec la concentration. Vaut malgré tout le détour, sauf le week-end comme presque partout ailleurs parce que trop de monde et queues injustifiables. Venir tôt comme dans toutes destinations petits déjeuners aux aurores - rares à Tokyo - pour absorber l’ambiance d’un quartier qui se réveille. Sillonner les rues tôt autour du périmètre du temple ne peut que déteindre favorablement sur l’écriture. 

Voir à proximité: Asakusa, Asakusa, Asakusa.

Fuglen Asakusa

Café pur hipster en plein Asakusa qui contraste avec le quartier encore très bigarré. Bel espace, surtout au fond et à l’étage où la vue panoramique peut être une distraction. Le fond musical est incontournable de banalité un peu dérangeante pour l’inspiration ou la lecture. Ouvert tôt. Rapport qualité prix peu équilibré - mauvais espresso malgré les génuflexions baristiques - mais certains sièges convoités sont très confortables.

Voir à proximité: Asakusa, Asakusa.

S’exfiltrer: Vers Oku-Asakusa au nord heureusement largement ignoré.

Quartier Asakusabashi

Caffeinholic

Ce showroom de sièges de bureau offre au niveau comptoir des tabourets ... insupportables d’inconfort. Et pourtant, le truc est de s’assoir dehors pas trop longtemps par temps favorable, le fessier vous préviendra, pour une dose d’urbain intéressante avec un quelque chose de charmant et d’ailleurs, comme si Amsterdam du côté de la rivière Kanda immédiate. Très bon espresso. Encore dans les parages d’Asakusabashi qui cache si bien ses ressources.

Voir à proximité: Asakusabashi, Akihabara (que l’on peut éviter sans aucune perte).

Quartier Takadanobaba

Coffee shop Canterbury

Au sous-sol du F1 Building à Takadanobaba. Sous-sol donc ne pas être claustrophobe. Café restaurant vintage, c’est à dire ambiance et menu années 70. Wifi à humeurs. Non-fumeur depuis 2019, enfin. Rapport qualité-prix très correct pour un sandwich et un chapitre juste en passant. Bon lieu pour débuter un roman d’autrefois. Le restaurant italien Ristorante Takadanobaba Bunryu juste à côté est un bijou vintage. Modiano y était. L’immeuble ne sera plus là dans 10 ans ou moins.

Voir à proximité: Takadanobaba, les bords de la rivière Kanda en bas de la colline.

S’exfiltrer: vers Waseda, ou à l’opposé vers Ikebukuro via les hauteurs d’Ochiai, ou encore vers Shin-Okubo.

New Yorkers Café Takadanobaba 1-chome

Une exception à ma régle d’éviter les chaînes. Très bon lieu pour écrire du à un quelque chose dans la dimension de l’établissement, la lumière du dehors et une note multiculturelle urbaine et studieuse. Clientèle jeune, comme il se doit à Takadanobaba. Situé sur une belle pente, des immeubles un brin brutalistes qui méritent le regard avant d’être remplacés. C’est le cas de celui où se trouve ce café. Ouvert tard. S’offrir la proximité de l’heure de fermeture, un thème qui mériterait son roman. Longtemps j’ai pris mon café jusqu’à l’heure de la fermeture. Micro-terrasse. Pérec y était. 

​Voir à proximité: Takadanobaba.

Quartier Oshiagé

Tokyo Hütte (fermé définitivement)

Epitaphe à un lieu attachant. Café espace de coworking de la petite guesthouse du même nom à un jet de javelo de la Sky Tree. Quartier étrange, envoûtant au couchant, au bord d’une rivière canalisée. C’était un bon lieu pour écrire avec intensité. Wifi payant, tant mieux. Excellent latté. Lieu de réunion de jeunesse oisive propriétaire de chiens de type bouledogue le week-end recroquevillés sur eux-mêmes. Bobo plutôt que hipster. Fermé définitivement.

Voir à proximité: la Sky Tree en perspective remarquable, incontournable comme l’oeil de Big Brother, mais suffisante de loin comme il ne s’agit que d’une tour juchée sur un shopping center de trop; quelques endroits secrets et remarquables à proximité le soir. Surveiller la programmation du musée Tobacco & Salt proche qui est parfois de grande qualité et peu fréquenté, surtout les expos d’estampes. S’exfiltrer vers Asakusa en train, à pieds vers le grouillant et intéressant Kinshicho via les rues en retrait. La ligne de métro Hanzomon permet aussi de s’évader vite et loin.

Quartier Kunitachi

Hakujuji

Loin à l’ouest, au sud de la station Kunitachi. Un vaste café salon de thé pâtisserie vintage réminiscent d’établissements au Portugal, celui d’avant l’engouement financiarisé. Un voyage dans le temps. Bien pour lire et écrire quelques pages. Très bon rapport qualité prix. Y aller tant que cela existe. Ça ne durera pas.

S’exfiltrer: vers les stations essentielles de la ligne Chuo vers l’est. 

Quartier Ikébukuro

Racines Farm to Park

Pour le bel espace avec gazon en face, en partie terrasse où il faut s’assoir à l’extérieur juste pour un café mauvais. A remplacé un square pouilleux et autrefois intéressant focalisé sur le trafic des corps qui se pratique toujours aux alentours immédiats d’Ikébukuro dont c’est une spécialité. De quoi nourrir ses phrases. La nourriture graillons est aussi de piètre qualité. A éviter le week-end et les jours fériés parce que bondé. Par contre, parfait pour écrire en automne et emmitouflé sous la lumière blanche aveuglante en hiver d’un jour ensoleillé.

Voir à proximité: Le calme quartier si proche et contrasté de Kishimojin. 

S’exfiltrer: Prendre le tram proche pour aller plus loin.

Pâtisserie Takasé Ikebukuro-sud

Succursale miniature de la maison ancestrale Takasé sise juste à côté mais un peu décalée du coeur bruissant d’activités d’Ikébukuro près de la gare. Takasé né en 1920 est le summum du kitch abordable et trop sucré, un arrêt sur image de ce qui était le nec plus ultra des plaisirs doux à l’occidentale d’autrefois, donc un voyage dans le temps des goûts. Il faut viser les deux tables de la micro-terrasse pour une pause sur le pouce, micro-pâtisseries et café agréables (l’espresso n’existait pas donc n’y existe toujours pas), écrire deux lignes et se diriger vers Kishimojin pas loin.

Café Pause

Les places individuelles le long de la baie vitrée. Calme dans un quartier qui ne l’est pas. A éviter le week-end. Dans la perspective de Takasé Ikebukuro-sud

Quartier Tsukiji

Tully’s Coffee Tsukiji 1-chome

Certains débits de chaînes sont exceptionnels. La luminosité des lieux est sans doute en cause. Celui-ci est très bien pour écrire la dernière page de son roman à l’écart de l’ambiance de Tsukiji pourtant très proche. Nombreux qui le fréquentent le savent. Les sièges au fond à droite près de la baie vitrée sont les meilleurs et très prisés. Quartier immédiat très intéressant et attachant pour les observateurs des détails urbains. Un quelque chose de parisien sans prétension sur cette portion de la longue rue Heisei. Un arrêt à la Pâtisserie 85 près de Shintomicho proche s’impose. Trouver l’excellent comptoir à jus de banane à moins de 5 minutes de distance est un jeu qui vaut vraiment l’effort. Inspiration garantie à destination.

Voir à proximité: plein de petites choses d’intérêt derrière le théâtre Kabukiza et aux abords de Shintomicho où boire et manger. On peut y passer une demi-journée sans problème et finir le volume 1.

Byakudan

Excellent, calme, précieux, inspiration pour l’écriture, caché dans un recoin. Ne pas juger sur la base de la laideur du pourtour immédiat. Gérante élégante et sociable.

Voir à proximité: autour du théâtre national de kabuki et dans les recoins de Shintomicho quelques destinations cachées et précieuses. 

Quartier Kagurazaka

Bronx Kagurazaka

Le seul café d’habitués à Kagurazaka heureusement ignoré des touristes alors qu’en pleine vue sur la pente. Un café pur jus, sombre orangé à toute heure, avec tabagisme considérable, patron un brin gouailleur, serveuse tonique à la voix grave éraillée, une petite-fille d’Arletty au corps d’athlète, une actrice du service, coup de foudre garanti. Service sympathique et familier. Il suffit de visiter deux fois pour être un habitué. Aller au fond dans la fumée totalement insalubre pour écrire en catiminie - pour l’inspiration, viser les sièges qui font face au comptoir en retrait le dos au mur plutôt que ceux du comptoir. Eviter les tables de l’entrée sans inspiration sauf si à plusieurs. Pas de wifi mais pas d’interdiction non plus de sortir sa tablette et son clavier. Alternativement lire un polar américain des années 50 ou en écrire un nouveau. Le soir hélas, l’établissement géré par une autre équipe devient un bar au piètre rapport qualité prix. Y aller donc du matin jusqu’à 17h, en semaine en priorité, y compris pour un petit-déjeuner roboratif ou un déjeuner pas délicat mais tonique. 

Voir à proximité: Kagurazaka..

Quartier Komaba

Café Bundan

A l’intérieur du musée de la littérature contemporaine à Komaba. Calme, livresque.​ Visiter absolument la belle demeure du marquis Maeda juste à côté, et aussi le musée de l’artisanat populaire. S’exfiltrer par la ligne Inokashira pour une virée autour de Kichijoji.

Quartier Shakujii

​Café Kôchi 珈路

Au sud de la station Shakujii-kôen. Une perfection vintage. Y lire son journal édition 1950. Venir habillé en tweed ou en dentelles. Bel espace. A combiner avec une promenade dans le merveilleux parc Shakujii. Existe depuis les années 70. Proust y était. Ne durera pas.

Voir à proximité: le superbe parc Shakujii. Choisir judicieusement sa saison.

Quartier Kichijoji

Café Mimi

Mimi, comme son nom l’indique. A Kichijoji mais excentré donc au calme. Un café restaurant comme d’un village en France. Petit-déjeuner dès 8 h et de la douceur pour lire et écrire hors le coup de feu du déjeuner. En saison, la petite terrasse qui ne paie pas de mine est adorable.

Voir à proximité: Kichijoji maintenant en mode hipster majeur et boutiques tendances, et le parc Inokashira en semaine.

Quartier Arakawa Nishiogu

+ H Café

Sur le parcours du tramway Toden Arakawa. Un havre de paix au format hipster dans un café dénué de jeunesse hipster - sauf le week-end - et en dehors de tout. Parfait pour écrire devant une camionnette Citroen dans un hangard. Patronne sympathique. Excellentes pâtisseries maison. Lieu inspirant.

Voir à proximité: plein de choses secrètes le long des stations du tramway.

Quartier Arakawa Minamisenju Minowa

Papa Noel

Pour écrire en passant sur le coin au fond du petit comptoir avec un café torréfié maison et un biscuit. En poste depuis plus de trente ans, avec toutes ses rides. Fournit en grains +H Café. Une paix royale dans la rue marchande couverte et attachante Joyfull en mode déclin avancé. 

Kohikan Minowa Shop
En semaine l’après midi, c’est très local et social avec des dames du quartier, donc plus porteur à l’écriture le matin dès huit heure. Café de chaîne mais service très accueillant. Le tram s’arrête pour la descente des passagers juste devant la baie vitrée. Une merveille de poésie.


Quartier Katsushika Tatéishi

Lumière ルミエル

​Situé dans une des galeries marchandes en déclin avancé de la station Keisei-Tateishi, le café Lumière est un ancien beau café en fin de course. Pas de wifi. Lieu favori des dames du quartier. Précieux. Visiter le quartier à proximité dans la direction nord en se perdant un peu. Comme dans tous ces cafés anciens, accumuler les consommations va vous coûter bien trop cher. 

PUTE CAFFE

Une fois perdu, trouver la rue Tateishi Sakura et faire une pose au délicatement nommé Pute Caffe, l’antithèse du Lumière. Café de qualité. S’exfiltrer par exemple en taxi ou bus plus au nord vers le quartier Kaméari.

Quartier Takadanobaba

Re:s Cafebar&sweets

Lieu surprenant au bord du parc Toyama comme dans une zone hlm mais moins glauque. Clientèle essentiellement féminine pour les desserts qui sont vraiment remarquables quand en manque de glucides et que les mots ne sortent pas. Bon pour lire en diagonale ou finir une page. Situé à un jet de javelot de Takadanobaba.

Quartier Waseda

Café Shy

Ce lieu qui a pignon sur l’exquise et ignorée avenue calme Sôdai à courte distance de l’université Waseda est d’abord une galerie d’archivage documentaire sur l’acteur de Butoh Kô Murobushi. La fonction café est secondaire et il vaut mieux en semaine téléphoner avant pour confirmer la possibilité d’y accéder généralement concédée. Le week-end par beau temps, Shy devient une sorte d’auberge espagnole sympathique avec les tables tirées sur la rue.

Voir à proximité: Waseda, Kagurazaka.

Quartier Hatchobori

ROAR COFFEEHOUSE & ROASTERY

Excellent menu varié de cafés. L’espresso y est superlatif et aggressif, mais variable selon les jours. Petit local. Bien pour écrire quelques lignes au comptoir. Service efficace. Amabilité proportionnelle au nombre de venues. Prix très corrects.

Voir à proximité: Les ruelles immédiates en semaine à midi avec un air de village sympathique entre la rue Heisei et l’avenue Shin-Ohashi, dans une zone surtout de bureaux où on ne s’attend pas du tout à cette ambiance, donc inintéressant le week-end quand presque tout est fermé. Envisager de déjeuner dans un de ces restaurants miniatures. Voir plus loin les interstices de Shintomicho. 

Quartier Machiya.
Bibliothèque publique Yui-no-Mori Arakawa

Voilà une superbe bibliothèque dès lors que l’on pénètre dans l’immeuble atone et que l’on passe aux étages supérieurs. Environnement spacieux agréable et de nombreuses tables pour travailler. Le cinquième étage se distingue par des murs blancs amorphes et peu conducteurs à l’inspiration, mais c’est de là que l’on accède à la terrasse principale. Si le ciel et la température sont de la partie, on bénéficie d’un horizon occupé à plus de 70% par les cieux de Tokyo. De quoi vous ouvrir les chakras et respirer profond. Le passage régulier du tram est un anti-dépresseur qui déteint sur tout le parcours. Tout est lent, et un brin envoûtant.

Voir à proximité: Machiya, les environs de Machiya, l’étrange et vaste parc suspendu Arakawa Shizen, et bien d’autres choses à fouiller dans les recoins. Le tram passe donc juste devant la bibliothèque et offre toutes les raisons de s’exfiltrer plus tard par exemple vers Minowa.

Quartier Shimbashi - Immeuble Shimbashi-Eki-maé-biru

Un immeuble remarquable qui date de 1968, et doit être démoli en 2022 pour être remplacé par de l’insensible globalisé prévisible.

Vivo Daily Stand Shimbashi

Au rdc de l’immeuble, café bar de poche figé dans la nostalgie de petits-déjeuners solitaires ou festifs, quand l’établissement ouvrait à 7:30 dans le quartier encore endormi. Vaut le passage même à 15h au plus tôt. De quoi écrire en catimini dans un recoin étroit à l’intérieur, ou au comptoir dehors. 

Parlor Kimuraya

Au sous-sol du même immeuble, ouvert dès 7:30. Du pur jus années 60 figé dans le temps. Café et sandwichs miniatures et tous les classiques immuables jusqu’à la fin programmée, sièges trop bas, fumée de tabac disparue mais avec des échos. Valide le temps d’un petit-déjeuner. 

Renoir Shimbashi

Situé au rdc de l’annexe de l’immeuble en question. Une succursale d’exception de la chaîne Renoir. Bel espace un brin (faux) art nouveau. Beaucoup d’amplitude. Préférer les places à main gauche après l’entrée. Très urbain, avec parfois des clients louches en réunion d’affaires, reflet du quartier de bars, restaurants et sexe tout proche. Tout ceci aura disparu dans dix ans ou moins. Aussi un lieu pour prendre un petit-déjeuner déjeuner très matinal avant le rush.

Voir à proximité: l’immeuble lui-même, son sous-sol. Les blocs Shimbashi 1, 2, 3, 4 chome, particulièrement louches aux heures sombres et petits matins, en particulier les deux derniers. Aussi quelques restaurants japonais d’exception. De quoi inspirer l’écriture.

Quartier Shinagawa - Koyama

Osama to ichigo 王様といちご

Ce café restaurant au nom étrange sans doute lié à une pâtisserie phare proposée dans la boutique est un exemple en mode terminal d’un lieu vintage époque Showa pur beurre. Sa disparition est certaine. Se positionner vers le fond est indispensable pour l’inspiration. L’établissement est situé dans la galerie marchande Musashi-Koyama qui a quelques beaux restes si l’on exclut la majorité des franchises de chaînes à condition de les reconnaître. 

Voir à proximité: Le jardin des plantes médicinales de l’université Hoshi. Pousser plus loin jusqu’à la longue rue marchande découverte Togoshi Ginza d’un intérêt assez limité - trop de chaînes - sauf le très charmant temple Togoshi Hachiman et le délicieux hotcake de Pedra Branca. Une autre rue marchande couverte en déclin - Nakanobu - est assez proche.

S’exfiltrer: La ligne Asakusa à partir de la station Togoshi permet de partir loin. En taxi vers le sud, le quartier Ikegami vaut le détour avec le jardin Ikegami Plum Garden, une série de temples et une halte au café vieille maison de bois mignardisée Rengetsu comme on en voit à Yanaka. Il est recommendé ensuite de partir vers le nord vers d’autres paysages urbains contrastés pour se déniaiser et revenir sur terre.

Quartier Nerima - Toyotamanaka

Café restaurant Jugem

Jugem est le café restaurant attenant à la merveilleuse boutique de jardinage Shibuya-Engei. Les plantes ne connaissant pas les week-ends et jours fériés, le lieu est ouvert tous les jours. A l’intérieur comme à la terrasse, c’est charmant. Au printemps et en automne, c’est tout simplement délicieux. Un beau lieu pour écrire au vert. 

Voir à proximité: Pour goûter les environs éminemments populaires de la station la plus proche Nérima, et pourquoi pas prendre un petit-déjeuner très matinal sans fioriture à la boulangerie café Denmark Bakery qui est une halte sans chichi recommendée. 

S’exfiltrer. On peut couper plein sud en taxi ou en bus jusqu’aux secteurs de Kôenji, Asagaya et Nakano sur la ligne JR Chuo. 

Quartier Kameari

Pâtisserie salon de thé japonais Iseya

L’intérêt de Kaméari se trouve sur le flanc sud de la station, le nord étant plutôt anémique. Iseya est ici la maison-mère d’un établissement que l’on retrouve à Monzen-nakacho et Sugamo. Ici, c’est du pur wagashi sans fioritures et génuflexions gentrifiées. L’intérieur ressemble étonnement aux pâtisseries portugaises avant la financiarisation, pas le goût mais l’ambiance. Se poser un peu au fond pour avoir vue sur la devanture et la rue. Iseya n’est pas exactement un endroit pour écrire sur son clavier, mais en catimini et en dehors des heures de repas, on ne vous le fera pas remarquer. Comme tous les établissements de plus de cinquante ans d’âge, Iseya n’a aucun avenir sinon que la gentrification ou la disparition. En profiter au plus vite. Le goût n’est pas parmi les plus fins mais cela fait parti de l’expérience archéo-gastronomique, et peut nourrir votre prose.

Voir à proximité: le territoire environnant immédiat, le marchand d’oiseaux à côté, la petite halle maraîchère couverte à peu près en face qui elle aussi appartient à un autre âge, la ruelle marchande couverte à côté en phase de transformation générationnelle. 

S’exfiltrer: vers Kitasenju et Machiya, hubs ferroviaires qui vous mènent ensuite partout ailleurs. 

Quartier Oji
Makiya

Café pur jus acide, établissement rétro de 1967. Il a été refait depuis, élégamment, hormis les sièges trop bas. Espace clair et agréable mais fumeur, fond musical bossa nova calme, triptyque vitré pour voir la rue. Pas de wifi même du voisinage. Situé à la proue de ce qui est le quartier de nuit d’Oji, donc un peu rêche même en journée. Oji est autour de la station un carrefour de classes sociales peu privilégiées. De quoi en faire un roman dès 8:30 du matin au petit déjeuner.

Voir à proximité: Oji, les hauteurs du parc Asukayama. 

S’exfiltrer: par le tram bien sûr, dans les deux sens. 

Little Mermaid Oji

Viser exclusivement la terrasse sauf en plein été. L’intérieur de cette succursale de chaîne est sans intérêt. La terrasse en angle large offre elle une perspective rare à Tokyo pour observer à proximité les gens qui passent et se laisser porter par l’urbanité. Lieu bruyant de par la circulation des automobiles, les bus, les trains en perspectives, affairé à la mode nonchalante tokyoïte, l’anti-frénétisme donc. Vraiment très bien, inspirant mais gaz d’échappement problématiques.

Voir à proximité: tout.

S’exfiltrer: partout ailleurs.

Quartier Kinshicho, Sumida


Mountain

Un café usé, fatigué et toujours très fréquenté donc ancré, dans un décors ultra urbain populaire où peu de l’ancien demeure. A l’intérieur, l’application de la règle non-fumeur depuis avril 2020 a changé la donne, en mieux. Tous les classiques des toasts, spaghettis et café acide sont présents. L’espresso y est bien sûr inconnu. Attachant particulièrement en fin de journée en automne-hiver quand le soir tombe tôt.

Voir à proximité: Kinshicho est un noeud ferroviaire et routier important avec une riche activité commerciale autour de la station. Le vaste parc urbain Kinshi offre une ampleur exceptionnelle et un lieu d’observation des pratiques sociales de quartier très actives.

S’exfiltrer: vers Oshiage par les rues en retrait à main gauche de l’avenue route 365 axée sud-nord. A noter que le métro qui y passe est moins fréquenté que le réseau JR. On peut par exemple s’éclipser aussi vers Ningyocho, un autre quartier à apprécier en semaine. 

Quartier Koenji

Peu de cafés, et encore moins de cafés adéquates à l’écriture à Koenji qui est avant tout un quartier du soir et de boissons plus proches de l’absinthe que du nectar balzacien. Mais comment pourrait-on passer à côté de Koenji, et comment ne pas en tomber amoureux et irrité à la fois par certains de ses partis pris? 

Porta Coffee Stand
Situé dans l’énergique galerie marchande ample et couverte Koenji PAL, ce café de poche est un modèle du genre dans le vintage de reconstitution imaginaire mais ici de qualité. Bois justes teintés, béton dont les incontournables fêlures cousues mains de la dalle et la perfection lisse des murs avec les étagères et tout le merchandizing caféique d’usage. Mais Porta est agréable et permet de souffler tout en restant réceptif aux bruissements de la galerie marchande, et de poursuivre dans la découverte de Koenji qui est à la fois une ville dense et un village plein de ressources et de textures. Une certaine sympathie chez le couple gérant. Avec le Covid, il est demandé de ne rester que 30 minutes à l’intérieur, mais cela permet de recharger les batteries mentales, de prendre quelques notes ou de passer au chapitre suivant. Intérieur étroit, peu de sièges.

Nanatsumori
L’antithèse de Porta. Situé plus loin au sud. Un café pur jus ancien, mal entretenu, très fréquenté, avec des figures imposées entre les heures de repas et les heures de boissons. Ce n’est pas l’endroit où y déployer son ordinateur mais on ne vous fera pas de remarque si vous déployez le carnet et le stylo. Les avis sur Nanatsumori sont totalement opposés et incompatibles, entre ceux qui aiment, et ceux qui détestent. Une autre manière de voir les choses est qu’il se situe dans la continuité de Koenji PAL, mais dans la longue partie petites maisonnettes mignonnes à ciel ouvert qui offrent un charme certain malgré l’hyperconcentration de boutiques de vêtements usagés et apparentés vintage. Il faut tellement de temps et de pauses pour humer les atmosphères multiples de Koenji avec sa pénurie de cafés inducteurs du verbe que Nanatsumori est malgré tout précieux pour cela. 

Voir à proximité: Koenji

S’exfiltrer: vers les stations phares proches sur l’axe ferroviaire de la JR.

Quartier Ochanomizu Kanda-Surugadai

Espace Biblio

Charmant, surtout la terrasse intérieure au calme. Remarquable collection de méga-livres. Gérant aphone. 

Voir à proximité: Jimbocho

S’exfiltrer: partout ailleurs.



Quartier Ueno


Café Ream

Avec vue partielle sur la parvis de la gare de Ueno. Aussi au fond au calme entre soi. Un café à l’européenne, ample, lumineux, urbain, simple, rétro mais sans lourdeurs. Aussi bon lieu de rendez-vous après l’écriture. 

Ecrire al fresco

Jardin Higo-Hosokawa

Dans les parages du Chinzanso, arrondissement de Bunkyo-ku. En surplomb de l’étang se trouvent quelques tables et sièges en béton. Avec un soleil clément, c’est un coin de paradis d’écriture et de contemplation.

Voir à proximité: Trop de choses. Religiosité ou pas, quelques minutes de pensée dans la cathédrale St. Mary sont requises. 

Le banc du quai de la station Minowabashi

On y joue toute la journée jusqu’à tard le soir l’arrivée du tram dans gare de La Ciotat. Spectacle dont on ne se lasse pas.

Station Ueno, quais 13 à 16

Et en particulier les quais 15, 16, 17. Ici est l’antithèse de la gare de Paddington à Londres. Peu de trains, peu de monde. Etrange impression. Le café Beck devant le quai 13, nécessairement de mauvaise augure, est intéressant pour la perspective uniquement, mais c’est sur les rares bancs des autres quais qu’une pause manuscrite s’impose, dans la seule gare de Tokyo avec des butoirs comme points finaux. Le parvis immédiat et le hall de la gare sont des incontournables à ne pas contourner.

Ecrire en mouvement 

Tramway Toden-Arakawa

Choisir son heure, tardive avec des rames presque vides ...

Dans les derniers trains de la ligne de tram Toden-Arakawa. Equilibre du clavier précaire. Ou simplement se laisser porter par les annonces des arrêts. 


> Ecrirea.tokyo est aussi le nom d’une dynamique de rencontre autour de l’écriture. Pour rompre avec la solitude d’écrire quand à Tokyo, visitez le site ecrirea.tokyo et osez entrer en contact.

©Lionel Dersot

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